3 questions à Matthieu Valot, chargé de mission sport et développement à la cellule sociale à l’Agence Française de Développement, « Nous sommes convaincus que le sport peut être un formidable outil d’éducation, d’inclusion et de développement économique »

FONDATION HAVOBA 

FORMER & ACCOMPAGNER 

Le Handball, le Volley-ball et le Basketball français unis au service de l’international 

Sous l’impulsion de l’Agence Française de Développement et des Fédérations Françaises de Handball, Volley-ball et Basketball, la Fondation HAVOBA, sous égide de la Fondation du sport Français (FSF) a pour objectif de contribuer au développement de l’impact social de ces 3 disciplines sur le continent Africain. 

Un nouvel acteur de la Fondation HAVOBA prend la parole ! Matthieu Valot, chargé de mission sport et développement à la cellule sociale à l’Agence Française de Développement (AFD), nous explique le rôle de cette institution financière publique pour la Fondation.   

L’AFD joue un rôle clé dans le projet HAVOBA. Pouvez-vous nous expliquer comment cette initiative est née et quel est son objectif principal ?

La Fondation HAVOBA est née dans le prolongement du Nouveau Sommet Afrique-France qui s’est tenu en octobre 2021. Il a mis en avant la volonté de renforcer la coopération entre la France et l’Afrique dans plusieurs domaines, dont le sport. L’idée initiale était de valoriser le savoir-faire français en matière de structuration et de développement des fédérations sportives, notamment après le succès des équipes françaises aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

À l’origine, le projet portait le nom de BHV, en référence aux trois disciplines concernées : Basket, Handball et Volley. Très vite, l’AFD a formé un partenariat avec ces fédérations pour donner naissance à la Fondation HAVOBA. L’AFD intervient comme bailleur de fonds, avec une subvention de 2,5 millions d’euros, afin d’accompagner la professionnalisation du mouvement sportif dans plusieurs pays africains. L’objectif est d’aider ces fédérations à se structurer durablement, en favorisant le partage d’expertise et la montée en compétence des acteurs locaux.

Plus largement, comment l’AFD contribue-t-elle au développement du sport en Afrique et quelles sont ses priorités ?

L’AFD investit dans le domaine du sport depuis 2019, avec l’adoption d’un cadre stratégique dédié au sport et au développement. Nous avons fait le choix d’intégrer le sport comme un levier de transformation sociale, en mettant l’accent sur quatre grands axes d’intervention.

Tout d’abord, nous soutenons la construction d’infrastructures sportives de proximité, afin de rendre le sport accessible à un plus grand nombre. Ensuite, nous continuons d’appuyer les associations et organisations de la société civile pour les aider à passer à l’échelle et toucher davantage de bénéficiaires. Nous travaillons également en étroite collaboration avec les États pour intégrer le sport dans les politiques publiques, en facilitant le dialogue avec les gouvernements. Enfin, nous accompagnons les fédérations sportives locales dans leur structuration et leur professionnalisation, comme c’est le cas avec HAVOBA.

Depuis 2019, nous avons financé 122 projets sportifs en Afrique, avec un total de 200 millions d’euros d’engagements. Nous sommes convaincus que le sport peut être un formidable outil d’éducation, d’inclusion et de développement économique, et nous comptons poursuivre nos efforts pour renforcer son impact sur le continent africain.

Quel impact attendez-vous du projet HAVOBA et comment assurez-vous son suivi ?

La Fondation repose sur un principe fondamental : l’échange et le partage d’expertise. Il ne s’agit pas d’un modèle descendant où la France viendrait imposer une méthode, mais bien d’une collaboration équilibrée entre les fédérations françaises et africaines. L’objectif est d’accompagner ces dernières dans leur structuration, en tenant compte de leurs besoins spécifiques et de leurs réalités locales.

Le projet est mis en œuvre à travers différentes actions : diagnostics des besoins des fédérations, formations sur plusieurs thématiques (gouvernance, structuration des compétitions, développement du sport féminin, etc.) et accompagnement dans l’élaboration de stratégies de développement. En 2024, deux grands campus ont été organisés pour amorcer ce travail. En 2025 et 2026, des sessions de formation seront déployées dans six pays, avec une approche progressive et adaptée à chaque contexte.

Nous avons également mis en place un cadre d’indicateurs de performance, en collaboration avec la Fondation HAVOBA et la Fondation du Sport Français, afin d’assurer un suivi précis des avancées du projet. L’AFD ne se limite pas à un simple financement : nous veillons à ce que les actions mises en place aient un impact durable et contribuent à un véritable héritage pour le sport en Afrique. Notre objectif est de créer des dynamiques pérennes, en favorisant un écosystème sportif inclusif et structuré qui puisse continuer à se développer au-delà du projet.

Fondation HAVOBA